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La méthode de prospection de surface au GPS

GPS préhistoire archéologie

      Suite à l'exploitation agricole du sol (érosion), lorsque les champs présentent des conditions optimales de prospection archéologique, il est parfois possible de retrouver des concentrations significatives de silex préhistoriques. Il s'agit alors de procéder de manière scientifique pour acquérir un maximum d'informations sur le terrain. Ainsi, la méthode la plus rigoureuse consiste à replacer chaque objet sur une carte topographique (Fig. 1 et 2). Ce résultat, nous l'obtenons grâce à un récepteur GPS doté d'une antenne Sirf Star III très sensible. L' appareil fournit une précision de un à deux mètres* et permet de situer un point sur plan avec une marge d'erreur négligeable par rapport à la réalité, sauf en cas de perturbation de la réception satellitaire - chose peu fréquente. La précision s'avère donc largement suffisante pour la prospection de surface, puisque, dans le cas de ramassages, il est inutile de travailler à l'échelle centimétrique. Cette méthode permet, au fil des prospections, de visionner la répartition spatiale du matériel archéologique. Le gain de temps et d'énergie s'en trouve considérablement amélioré, puisqu'il n'est plus nécessaire de manipuler décamètres, drapeaux, lunettes de visée ou autres stations totales. Enfin, le format d'exportation GPX autorise l'échange rapide de données vers d'autres programmes ou applications en ligne (Fig. 3-6).
      Il est important d'effectuer des prospections régulières pour diverses raisons. Cela mène à la découverte de sites inédits et assure le suivi des gisements déjà connus. La cartographie au GPS permet de compléter l'inventaire et précise la nature et l'ampleur d'une occupation. Enfin, les ramassages de surface contibuent à la sauvegarde d'un patrimone unique et soumis à une destruction lente et irrémédiable, dictée par l'urbanisation et l'agriculture intensive.

Attention : nous rappelons que toute prospection sans autorisation est interdite. Il en va de même pour l'utilisation de détecteurs de métaux. Toute découverte fortuite doit être signalée aux autorités compétentes (Musées communaux, provinciaux ou DGATLP de la Région Wallonne - Direction de Wavre, dans le cas du Brabant Wallon).


Les sites ayant fait l'objet de relevés topographiques au GPS :

-Arquennes : "Bois de la Garenne"
-Arquennes : "Bois de Renissart"
-Bellecourt : "La Hestre"
-Braine-l'Alleud : "le Bosquet"
-Braine-le-Comte : "Bois de la Houssière"
-Grez-Doiceau : "Bois de Beausart"
-Ophain-Bois-Seigneur-Isaac : "Belles Pierres"
-Mont-Saint-Guibert/Nil-Saint-Vincent-Saint-Martin : "Nil Pierreux"
-Nivelles : "Fosse-Levrette"
-Nivelles : "Ardenelle"
-Nivelles : "Bois d'Orival"
-Nivelles : "Guenette"
-Virginal-Samme : "Mon Plaisir", "La Volée"
-Tubize : "Rossignol"
-Linkebeek : "De Bocht"
-Monstreux : "Champ de la Bolette"


Carte topographique Mont-Saint-Guibert (GPS et Préhistoire)

Fig. 1 : exemple de relevé au GPS sur un site de la région de Mont-Saint-Guibert (Nil Pierreux). La méthode permet ici de visualiser, après six prospections étalées sur deux mois, des zones de concentrations distinctes au sein d'une constellation plus diffuse d'artefacts. Ainsi peut-on aborder la topographie du site et mieux cibler l'emplacement d'une éventuelle fouille archéologique.







Fig. 2 : plan de la répartition spatiale sur le site du "Bois de Renissart" à Arquennes (Réalisation : L. LAN).






Fig. 3 : la répartition du matériel mésolithique à Monstreux sur une image satellite dans Google Earth (Copyright).






Fig. 4 : le site de "la Volée" à Virginal-Samme selon Google Earth (Copyright). On y rencontre des outils appartenant à diverses phases chronologiques. Parmi celles-ci, le Paléolithique inférieur / moyen s'illustre par un matériel typiquement acheuléen / moustérien. D'après la répartition au sol, un secteur de quelques mètres carrés fut certainement occupé par un(des) campement(s) de (pré)Néandertaliens. La vue à cet endroit devait être idéale pour observer les mouvements du gibier dans la vallée. Sur l'image, on distingue la Sennette, en bas à gauche, puis le bois de la Houssière, en haut à l'arrière-plan.






Fig. 5 : "De Bocht", Linkebeek (Vlaams Brabant), selon Google Earth (Copyright). Site mésolithique avec l'emplacement de trois fortes concentrations, chacune ayant une surface d'une dizaine de mètres carrés. Ce site particulier a livré un important matériel lithique à Philippe Pottier, son inventeur, y ayant prospecté pendant sept ans. Les lames, lamelles, perçoirs et grattoirs sont majoritaires. Curieusement, aucune armature n'a encore été retrouvée.






Fig. 6 : Ophain-Bois-Seigneur-Isaac, "Les Belles Pierres". Vue du plateau selon Google Earth (Copyright) avec la trace GPS laissée par le prospecteur, montrant le parcours méthodique sur le terrain.




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Lors d'essais sous un ciel dégagé, nous avons constaté une marge d'erreur d'environ 30 cm seulement ! Le relevé fut effectué, après une minute d'immobilité du récepteur, au pied d'un pylône dressé entre un champ et une route longée d'arbres (diminution potentielle du signal). Le "waypoint" fut replacé sur une image satellite du programme Google Earth (dans laquelle était visible le pylône en question), pratiquement au même endroit que celui du relevé sur le terrain. Dès lors, le matériel lithique de surface se trouvant généralement dans des champs, c'est-à-dire jamais entouré d'arbres, on peut en déduire que la précision de ce modèle de GPS suffit largement pour ce type de relevé topographique.